Articles sur la Danse


Articles sur la Danse

Voici quelques articles sélectionnées pour vous concernant la danse, le rapport à l’autre…
Convaincre votre homme de danser
Les règles de politesse en Danse
Dis, C’est quoi la Salsa, C’est quoi la Timba ?

Convaincre votre homme de danser

Source : https://www.partenaire-danse.fr/blog/convaincre-homme-de-danser-20.html Homme qui danse avec sa femme

 

Combien de fois a-t-on entendu « Hélas, mon conjoint n’aime pas la danse » ? Une fois en couple avec un homme qui ne veut pas aller sortir danser, beaucoup de femmes renoncent purement et simplement aux soirées dansantes. Il faut dire que sortir seule le soir pour aller danser avec d’autres hommes jusqu’à pas d’heure peut être mal vécu dans les couples où la confiance n’est pas totale. Parfois, certains iront accompagner leur chère et tendre, mais resteront côté bar à s’ennuyer fermement. Et l’on sait que profiter d’une soirée lorsque l’on voit son conjoint s’ennuyer n’est pas évident. Sans compter que dans ce loisir où les hommes sont minoritaires, il n’est pas facile de trouver un partenaire de remplacement.

Mettre les formes pour le persuader

Tout d’abord, un peu de psychologie de couple. Lorsque l’on veut convaincre son partenaire, il faut s’y prendre par étapes, que ce soit pour aller faire du tango ou aller rendre visite à la belle mère ! Rappelez-vous, nous répondons toujours plus facilement à une suggestion qu’à une exigence. C’est presque toujours la femme qui amène le couple à la danse mais beaucoup d’hommes trouvent finalement que danser n’est pas aussi difficile qu’ils imaginaient et deviennent aussi motivés pour les cours que les femmes.

1. Proposer d’aller prendre des cours de danse
Préparez-vous à une première réaction négative. Ne répliquez pas avec une phrase colérique ou désabusée du genre « De toute façon, tu n’acceptes jamais ce que je propose ! ». Amener l’idée est juste la première étape. Trop de personnes s’énervent immédiatement lorsqu’une proposition est rejetée, ce qui réduit la possibilité d’un changement d’avis du partenaire lorsqu’il aura réfléchi davantage à la requête.

2. S’attendre à un refus catégorique
Gardez à l’esprit que beaucoup d’hommes ont très peur de leur inaptitude à danser, si bien que leur première réponse est basée sur la crainte. Si, dès leur plus jeune âge, les filles sont encouragées à prendre des cours de danse (classique, jazz…) ou de gymnastique, les garçons en sont souvent tenus éloignés pour préférer les activités purement sportives. Il en résulte que beaucoup d’hommes ne sont pas à l’aise avec leur corps et la synchronisation des mouvements. Ils sont ainsi convaincus d’avoir « deux pieds gauches » et d’être nés sans le sens du rythme. Indulgence, indulgence…

3. Répliquer avec compréhension
Partagez un sentiment de compassion face à la peur de votre partenaire afin qu’il se sente compris plutôt qu’attaqué. Essayez une variante de la proposition : « Je sais que tu n’es pas à l’aise avec la danse, mais c’est vraiment important pour moi que nous fassions un essai et je te serais très reconnaissant si tu pouvais faire cet effort pour moi. Je sais que ça n’est pas facile, mais je crois que ce serait une bonne façon pour nous de partager de nouvelles choses et pourrions même nous amuser si tu prenais quelques cours avec moi. Ne réponds pas tout de suite, mais penses-y et on en reparle demain. »

4. Laisser une ouverture
Malheureusement, même après avoir réfléchi, beaucoup d’hommes ne veulent pas tenter l’expérience. Le moment est venu de lui demander d’être généreux : « Je sais que ce n’est pas ta tasse de thé, mais il y a tellement de couples qui prennent des cours et dansent ensemble de nos jours, j’aimerais que tu vois ça comme un cadeau que tu me fais et si tu ne veux pas essayer, je respecterai ta volonté. »

Cibler ses goûts musicaux

Il se peut que votre homme soit pointilleux sur ses goûts musicaux. S’il a horreur des musiques mélancoliques et des accordéons, il lui sera difficile de revenir au second cours de tango. S’il ne manque pas une rétrospective de Johnny, il faudrait peut-être plutôt lui proposer le rock ou le lindy hop. Et s’il est fan de blues ou de RnB, le west coast swing pourrait le ravir. Des rythmes latino de la salsa à la sensualité lente du tango argentin, il existe de nombreux univers dont il ignore sûrement certains. Comme vous, il ne peut pas tout aimer, donc essayez d’identifier la danse qui le motiverait le plus.

Lui faire découvrir subtilement

Si son truc est de rester devant la console de jeux, vous pouvez acheter des jeux vidéo de danse populaires tels que Dance Dance Revolution ou Just Dance. Même si vous prétextez que c’est pour vous, il voudra certainement essayer. Passez également des soirées avec des films sur la danse tels que Shall We Dance. Cela peut changer son image de la danse, il découvrira le romantisme, l’attraction et la virilité qu’elle peut engendrer.

Tenter les arguments choc !

S’il ne dansera pas pour vous, il faut alors qu’il veuille danser pour lui-même. Peu importe d’aimer ou de ne pas aimer, beaucoup d’hommes sont simplement rationnels et vont évaluer le rapport bénéfices-inconvénients. Et les avantages de la danse ne manquent pas.

Vous pouvez d’abord lui passer en revue la liste des bienfaits de la danse sur le corps : danser permet de perdre du poids, d’avoir une meilleure estime de soi, d’entretenir son système cardiovasculaire, de ralentir le vieillissement du cerveau et même d’être meilleur au lit ! C’est une activité sportive complète, qui peut se substituer à un footing ennuyeux. Vue comme un moyen de pratiquer un sport, la danse peut donc tenter ceux qui ont conscience qu’ils ont besoin d’une activité physique régulière.

Ensuite, la danse est une activité sociale par excellence. N’avez-vous pas remarqué comme nombre de personnes, une fois en couple, n’ont plus d’activités sociales, réduisent leurs sorties, voire n’ont presque plus d’amis ? Fréquenter des cours de danse ou des soirées permet très rapidement de rencontrer d’autres couples, d’autres personnes très variées, parfois nouvelles sur la région, avec qui l’on a facilement de l’affinité. Votre cercle d’amis va être multiplié par 10 en un mois.

Et puis enfin, il y a l’argument suprême. Celui qui fait que beaucoup d’hommes deviennent littéralement accros à la danse en couple. Savoir guider une femme sur une piste de danse rend extrêmement attirant. Un homme qui sait danser est viril et sexy. Peu importe son âge, qu’il perde ses cheveux et que son ventre devienne bedonnant, une fois sur la piste, cet homme devient la star de la gente féminine. Les femmes espèrent être invitées par lui au cours de la soirée. Et les trois minutes passées à danser ne sont que plaisir et admiration. Les hommes ont besoin de plaire, de séduire et de se savoir attirants. Il ne s’agit pas là d’infidélité, ou de tentatives d’infidélité. Pour un homme, enchaîner les danses en sachant qu’il fait le bonheur de femmes, partager des moments de sensualité, être jalousé, c’est se rassurer sur sa capacité à plaire, malgré le temps qui passe. Et en danse, où il manque généralement d’hommes, il n’en faut pas beaucoup pour que les messieurs se sentent désirés et que leur ego soit flatté 😉

 

Les règles de politesse en danse

Danseur poli
 

Une soirée dansante peut s’avérer plus ou moins réjouissante selon le degré de savoir-vivre des participants. On peut apprendre à danser sans pour autant devenir une personne appréciée des pistes de danse, simplement par ignorance de la bienséance. Il ne s’agit pas de remonter à l’époque du carnet de bal — chic, on peut venir sans cravate —, mais d’évoquer les bonnes manières toujours d’usage en danse sociale, aussi bien dans une soirée latino pour djeun’s que dans une milonga un peu huppée.

Toujours respecter la ligne de danse

Il faut savoir danser dans une salle pleine de monde sans gêner les autres couples. Pour cela, une ligne imaginaire a été inventée. Dans les danses de salon (tango, valse, paso doble…), la ligne fait le tour de la salle et il faut la suivre dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Les débutants peuvent si besoin aller davantage vers l’intérieur du cercle pour ne pas gêner l’évolution des couples plus confirmés. Comme sur une route, il faut respecter la voie, le sens, et doubler avec prudence.

Dans les danses que l’on peut qualifier de stationnaires (rock, swing, salsa…), la ligne est une partie de la piste qui est réservée au couple. La danseuse reste sur cette ligne, dans un sens puis dans l’autre. Concrètement, l’espace est le mieux optimisé quand les couples dansent parallèlement aux autres. À noter la différence entre la salsa portoricaine, qui a besoin de sa ligne, et la salsa cubaine qui est plus libre et se danse plutôt de manière circulaire, sur place. Les uns ne doivent pas abuser de la taille de la ligne qu’ils s’octroient, et les autres ne doivent pas squatter une partie d’une ligne réservée.

Pas de reproches, pas de leçons

On ne doit pas réprimander l’autre même si c’est sa faute, ni même lui faire la moindre remarque négative ! Quand une figure échoue, peu importe qui est responsable. On doit continuer à sourire et faire comme si rien ne s’était passé. On ne se transforme pas en prof en arrêtant la danse pour expliquer ce qu’il fallait faire car c’est humiliant. Même présentées de manière diplomatique, les critiques doivent être faites dans le cadre d’un cours ou si la personne demande explicitement qu’on lui en fasse pour s’améliorer, car en soirée, on est seulement là pour prendre plaisir à danser ensemble sans que l’un ne s’improvise professeur de l’autre. Cela vaut également pour le rythme, la danseuse doit se caler sur le temps de son partenaire même s’il n’est pas idéal, ainsi que l’équilibrage de la connexion que l’on doit essayer de corriger sans remarque verbale. Le dilemme étant que quelqu’un n’ayant pas conscience de ses défauts (par exemple un guidage trop ferme) peut les garder des années si personne ne les lui fait remarquer. Mais il peut les connaître déjà, ou surtout être susceptible, alors dans le doute, s’abstenir… Et puis, il faut une grande expérience pour déterminer avec certitude si les erreurs viennent bien de l’autre. Si on reçoit malgré tout des critiques, qu’elles soient fondées ou non fondées, il faut acquiescer avec le sourire. En revanche, les compliments à la fin de la danse sont bienvenus.

Inviter tout le monde, y compris les débutantes

Une règle que l’on ne cesse de répéter mais qui a du mal à être appliquée : il faut inviter tout le monde. On a une tendance naturelle à rester entre partenaires qui se connaissent et sont plus ou moins de même niveau. Or, les débutantes d’aujourd’hui sont les pros de demain. Il est mal vu de ne danser qu’entre « bons ». Un bon danseur peut arriver à faire en sorte qu’une débutante danse bien. Un mauvais danseur peut avoir l’impression de bien danser s’il ne danse qu’avec des bonnes danseuses, puisqu’elle arrivent à passer outre les approximations du guidage. Ceux qui ne souhaitent pas perdre leur temps, risquer de régresser ou avoir l’air mauvais en dansant avec des débutantes font donc une erreur, non seulement du point de vue des bonnes manières, mais aussi pour leur propre progression car danser avec des personnes de niveau inférieur permet de s’améliorer. Enfin, si autrefois la coutume voulait que seuls les hommes pouvaient inviter, ce n’est plus du tout le cas de nos jours. Les femmes qui invitent doivent donc également penser aux débutants.

Refuser une danse doit rester exceptionnel

Puisqu’un refus est souvent blessant, la règle est de ne jamais refuser une invitation sans une raison valable. De plus, il faut savoir refuser avec tact. Préférer danser avec quelqu’un de meilleur niveau n’est pas une raison valable. Si la personne est saoule, mal polie, ou a eu des gestes déplacés lors d’une précédente danse, c’est une raison valable. On peut aussi refuser d’enchaîner une danse supplémentaire afin d’être disponible pour tous. Une autre bonne raison de refus est lorsque l’on a promis auparavant la danse à quelqu’un d’autre.

En dehors de ces raisons particulières, après avoir refusé, on doit absolument attendre le morceau suivant pour danser avec une autre personne. Refuser une invitation signifie donc que l’on sacrifie cette danse et qu’il ne reste plus qu’à aller s’asseoir. Si le refus n’était que temporaire, par exemple sous prétexte d’avoir besoin de se reposer, il faut plus tard aller inviter la personne que l’on a rejetée car elle n’est en mesure de savoir si l’excuse était réelle ou une formule de politesse pour se débarrasser d’elle.

Pas de monopole

Vous est-il déjà arrivé d’attendre qu’une danseuse en termine avec son partenaire pour pouvoir l’inviter, mais que, n’osant pas lui dire non, elle enchaîne encore et encore les danses avec lui ? Ce danseur-là ne respecte pas la règle qui consiste à ne pas monopoliser une danseuse pendant une grande partie de la soirée. Il doit aussi lui-même se montrer disponible pour les autres danseuses. On peut considérer que deux danses à la suite est acceptable, mais au-delà, il ne faut pas abuser de la gentillesse des filles qui n’osent pas refuser. Même un couple qui l’est aussi dans la vie n’a pas d’excuse pour rester inséparable sur la piste. Sinon, autant qu’il reste dans son salon au lieu d’aller à une soirée de danse sociale dont l’objet est par définition de danser avec les gens.

S’adapter au niveau de la danseuse

Il arrive souvent que les deux partenaires n’aient pas le même niveau, d’autant qu’il est préconisé de danser avec tout le monde. Un danseur expérimenté doit s’adapter pour danser avec une débutante. S’il ne connait pas les capacités de sa partenaire, il doit commencer avec des figures simples puis continuer avec des figures plus compliquées jusqu’à déterminer le niveau de confort. Il doit également tant que possible être à l’écoute de ce que la danseuse apprécie ou non. Par exemple, ne pas abuser de multiple tours, ou de mouvements qui plient la nuque, si on sent que la danseuse rechigne à les faire, ou mieux, vous a dit de vive voix qu’elle préférait les éviter. Les danseuses qui dansent avec un partenaire d’un moindre niveau doivent également se restreindre quelque peu dans le style ou les fioritures car pouvant parfois perturber un débutant.

Protéger la danseuse

Le danseur doit guider sa partenaire en veillant à ce qu’elle ne risque pas de se faire mal ou de faire mal à quelqu’un. Il doit anticiper la place nécessaire à la figure et ne pas l’effectuer s’il pense que les déplacements du couple d’à côté peuvent gêner la danseuse, qui pourrait par exemple cogner son bras ou se faire marcher dessus. Plus il y a de monde, et plus il nécessaire de danser petit, en réduisant la taille des pas et l’amplitude des figures. Même si la danseuse doit aussi garder un œil sur les autres pour adapter la place qu’elle prend, elle doit suivre son partenaire, qui a donc la responsabilité de sa sécurité. Trop de danseurs préfèrent ne pas sacrifier leur danse au détriment des risques de collision. Il faut identifier rapidement les couples dangereux se situant à proximité et, si possible, s’en éloigner. Lorsque l’on heurte quelqu’un, on doit s’excuser, ou montrer par un geste ou un sourire que l’on est désolé.

Partager la piste

Tout le monde souhaite danser à son aise et pourtant la place manque souvent. Un danseur ne doit pas s’approprier la place sans tenir compte des autres couples. Il faut réduire son espace afin que chacun puisse danser. Ne pas effectuer de figures trop imposantes et ne pas gêner l’exécution des figures des autres. Être de bon niveau ne donne pas un blanc-seing pour être prioritaire, c’est même le contraire car on a plus l’excuse de ne pas savoir gérer l’espace. Et quand il y a déjà vraiment trop de monde, on ne s’engage pas dans une nouvelle danse. Dans ce cas, partager la piste, c’est la laisser à ceux qui attendaient jusqu’ici. De même, quand on vient de terminer une danse, on quitte la piste immédiatement, sans s’attarder en discussions.

Une hygiène irréprochable

La danse étant une activité où l’on est très proche d’une autre personne, il est nécessaire d’arriver en soirée en sentant bon. Sans même nécessairement utiliser du parfum, il faut simplement toujours prendre une douche, mettre du déodorant, se brosser les dents pour avoir une haleine fraîche (utiliser éventuellement aussi un bain de bouche ou un spray), s’abstenir de manger des aliments odorants comme l’ail, et pour les fumeurs, tenter de s’abstenir de fumer. On ne garde pas de vêtement que l’on a porté pendant la journée, et puisque la danse produit de la transpiration, on peut apporter une chemise de rechange. Les femmes n’ont généralement pas besoin de ces conseils, par contre certains hommes…

S’habiller pour l’occasion

S’il n’y a plus vraiment de code vestimentaire comme autrefois, on ne va cependant pas en soirée dansante avec n’importe quels habits. La tenue dépend du genre de danse, de soirée, de l’âge des participants… Par exemple, on peut s’habiller de manière plus décontractée et sexy dans une soirée latino que dans une soirée de danses de salon. Respecter l’habillement permet de mieux s’intégrer au groupe. Faire un effort est aussi une marque de respect pour ses partenaires, en leur montrant que l’on ne s’habille pas de la manière pour aller au travail, à Carrefour ou dans leur bras. La façon de s’habiller en soirée est un long débat, mais l’important est simplement d’y prêter une attention particulière pour se rendre agréable.

Le second aspect du choix des vêtements et accessoires est d’avoir une tenue qui ne soit pas gênante voire dangereuse pour les partenaires. Éviter les bijoux, tels que les longs colliers, bracelets, montres, dans lesquels un doigt peut se prendre ou un ongle se perdre. Êviter aussi les vêtements trop amples qui ne facilitent pas les mouvements ou les placements de bras.

Sourire et regarder l’autre

Il faut absolument donner une image positive en souriant et en s’échangeant de temps en temps des regards. Sur certaines musiques mélancoliques comme le tango, le sourire n’est pas de rigueur mais il ne faut simplement pas avoir l’air de passer un mauvais moment. On peut facilement avoir l’air de s’ennuyer alors que l’on est juste concentré. Pour éviter cela, penser à regarder l’autre. Il faut donner l’impression d’être présent, de ne pas danser pour soi-même mais de danser pour l’autre. C’est un exercice difficile quand on a été invité par une personne que l’on apprécie pas, quand on est fatigué, ou encore quand notre vie quotidienne ne prête pas à la joie. En acceptant une danse, on doit réussir à mettre ses problèmes de côté, oublier le travail et dégager une attitude positive.

Remercier et raccompagner

C’est en réalité peu oublié tant cette règle va de soi : les deux partenaires doivent dire merci à la fin de la danse, un simple sourire ne suffit pas. Chacun est sensé avoir fait la même faveur à l’autre en dansant, on ne répond donc pas « je vous en prie ».

Si le remerciement n’a donc pas besoin d’être prêché, peu semblent en revanche savoir qu’il ne se fait pas d’abandonner la danseuse sur la piste une fois la danse terminée. Le danseur est allé l’inviter, il doit donc la ramener, au lieu de s’empresser de se jeter sur une autre personne. Cela évite que la fille se retrouve un moment seule sur la piste, délaissée par son ancien partenaire, et pas encore invitée pour la danse suivante… Il s’agit juste de marcher ensemble pour quitter la piste (autrefois on se tenait aussi par le bras), sauf bien sûr s’il y a interception par une invitation, et sauf si la salle est bondée.

  

Dis, c’est quo ila Salsa ? C’est quoi la Timba ?

Avant de commencer je précise qu’il s’agit d’un article de vulgarisation qui s’adresse aux Salseros et Casineros qui se posent ce genre de questions sans parfois pouvoir trouver les réponses , je ne prétends pas détenir la vérité suprême  , c’est mon analyse que je vous transmets …

Dis, c’est quoi la Salsa ? C’est quoi la Timba ?

Quand on commence à danser la salsa , on se mélange un peu entre tous les termes qu’on entend : Salsa Cubaine, salsa Portoricaine, salsa Colombienne, Timba, etc …
Difficile de choisir ses soirées quand on s’emmêle dans tous ces termes …
Je vais essayer dans cet article d’éclaircir tout ça, volontairement je ne parlerai que de musique …

Commençons par le commencement : à l’origine est le Son Cubain, populaire depuis le début du 20eme siècle à Cuba.

Le Son Cubain est la Matrice , toutes les Salsas du monde viennent du Son Cubain !
Exemple de Son Cubain traditionnel : https://www.youtube.com/watch?v=nVK5Hko0KWU

Qu’est ce qui se passe ? le Son Cubain s’exporte sur les 2 continents Américains !

En Amérique du Sud, on le retrouve surtout au départ dans des pays comme la Colombie ou le Venezuela, les musiciens de là bas jouent le Son Cubain en y incorporant des influences de Rythmes qui leur sont propres et typiques comme la Cumbia ou le Vallenato mais aussi des rythmes à la mode de l’époque (années 50-60) comme le Boogaloo : au fil des ans, ça donnera ce qu’on appelle aujourd’hui en France la Salsa Colombienne, jouée dans tout le continent Sud-Américain …

En Amérique du nord, il atterrit du coté de New-York, et ce sont souvent des grands groupes types Big-Band qui l’interprètent .
Ces groupes jouent habituellement du Jazz et cela influence fortement leur manière d’interpréter le Son Cubain, de plus on passe à une section de cuivres nombreuse avec l’incorporation d’instruments qui n’étaient pas utilisés à Cuba à cette époque, comme le trombone par exemple .
On y retrouve également l’influence d’autres rythmes Cubains à la mode précédemment comme le Chachacha, le Mambo, la Pachanga, la Guaracha …
Ils trouvent un nom commercial pour cette nouvelle façon d’interpréter le Son Cubain : La Salsa ! La Sauce …
Les puristes diront que c’était pour s’approprier la paternité d’une musique née à Cuba , mais ne polémiquons pas …
Comme ces musiciens sont en majorité d’origine Portoricaine, on appellera ça au fil du temps la Salsa Portoricaine ( surtout en France) .

Et à Cuba ?

A Cuba , jusqu’à quelques années en arrière et le boom du tourisme , on n’emploie pas le terme Salsa, aujourd’hui un peu plus mais on préfère parler de Musica Cubana ou Musica Cubana bailable et être plus précis sur le terme employé : on parlera des descendants et cousins du Son en utilisant : Son moderno, Songo, Changui, Timba …

Le Son moderno est l’évolution moderne du Son traditionnel et est ce qui peut se rapprocher le plus de la Salsa Nord-Américaine : exemple d’Artistes: Adalberto Alvarez ou Manolito y su Trabuco à leurs débuts , et biens d’autres …
Un morceau en exemple:  http://www.youtube.com/watch?v=ptdpa1Bqk6U

Le Changui traditionnel, cousin du Son (ou plutôt Grand-oncle ou ancêtre , selon les spécialistes) donne naissance au Changui moderne d’Elito Reve (et autres Oderquis Reve ou El Niño).
Ex :  https://www.youtube.com/watch?v=oS_oqW3NltA

Pour le Songo, on en reparle plus bas car il est étroitement lié à la genèse de la Timba …

C’est quoi la Timba ?

La Timba est considérée comme l’évolution la plus moderne de la musique Cubaine, mais toujours en filiation avec le Son .
C’est une évolution qui a pris du temps et qui s’est faite en plusieurs étapes… Alors retournons en arrière: dans les années 70, Los Van Van, fondés en 1969 inventent une nouvelle façon d’interpréter le Son: le Songo !

Le Songo

Le mythique groupe Cubain, Los Van Van, veulent donner un coup de modernité au Son Cubain , pour cela (par l’intermédiaire de Changuito leur batteur, de Juan Formell bassiste et directeur du groupe et de Pupy le pianiste) ils introduisent plusieurs changements dans la manière de jouer la musique Cubaine:
– Ils inventent une nouvelle façon de jouer aux Congas , avec plusieurs phrasés plus ou moins proches de la traditionnelle « Marcha » (TumtumPak )  .
– Ils changent aussi la manière de jouer des Timbales avec un changement qui aura son importance : ils introduisent à la place des traditionnelles Timbales, une batterie complète, avec grosse caisse et tout l’attirail …
Pour les musiciens, les percussionnistes et ceux qui aiment aller au fond des choses, une vidéo: http://youtu.be/LWs8gs1BA8k

Effets en cascade: dans le Son traditionnel, la basse est assez « esclave » de marquer les contretemps 4 et 8 (les danseurs de Son verront très bien de quoi je parle puisque on utilise la basse pour repérer el Contratiempo sur lequel on danse le Son). Mais là, comme la grosse caisse à pédale prend le relais pour accentuer ces temps, la Basse gagne en liberté …
Il ne faut pas oublier que Juan Formell le directeur des Van Van était un Bassiste : il électrifie la basse et commence à jouer des « Tumbaos » de basse très largement inspirés de la musique Nord-américaine dont il est Fan : le Rock, la Soul, le Funk plus particulièrement .

Autre changement d’importance: au fil du temps ils vont remplacer la Clave de Son par la Clave de Rumba: introduisant une syncope supplémentaire …

Parallèlement à ça, l’apport important de Pupy Pedroso au Piano, une section de 3 trombones pour donner de la puissance, un synthé, une guitare électrique et des violons électrifiés aussi et tout ça, c’est la Révolution dans la musique Cubaine, ce qui explique la position mythique de ce groupe et de ses fondateurs aujourd’hui dans la culture Cubaine …

Le Songo a évolué au fil des ans mais c’est toujours ce que jouent Van Van à l’heure actuelle (même s’ils jouent aussi de la Timba) et d’autres groupes comme Maikel Blanco sur certains morceaux par exemple.
ex :http://www.youtube.com/watch?v=Xs4iO9MO6ps
http://youtu.be/zHEauu7QlYc

Mais comment on en arrive à la Timba ? Patience …

Un autre groupe joue un rôle majeur dans sa genèse : Irakere, peu connu des danseurs, bien sûr car c’est avant tout un groupe de Latin-Jazz : dans les années 70 et 80 ils expérimentent beaucoup sur la musique Cubaine, avec la volonté de créer de nouvelles sonorités et aussi « d’Africaniser » (ou plutôt de Ré-Africaniser) la musique Cubaine.
Pour cela, eux aussi introduisent la Clave de Rumba, mais aussi des instruments typiques de l’Afro-cubain comme le Chequere ou les tambours Batas, ils introduisent aussi les rythmes de la Rumba dans leurs compositions.
Ils ont également un pianiste de génie: Chucho Valdes qui crée aussi ce qui deviendra le Montuno de Piano typique de la Timba.
On peut le voir dans ce document exceptionnel qui date de 1980 (10 ans avant l’apparition officielle de la Timba …) : la chanson s’appelle « Bacalao con Pan » : ça commence comme un Latin-Jazz puis un Break qui pète avec 3 coups de batterie à la 0’49, derrière ce Tumbao de piano si typique de la Timba, les chœurs qui rentrent puis plus tard, des rafales de cuivres agressives: on a l’impression d’assister à la naissance de la Timba en direct :
https://www.youtube.com/watch?v=S6uKxQtfys4
Un de mes Profs, Nichito, me disait: » Bacalao con pan c’est la 1ere Timba ».

Pour apprécier l’étonnante modernité de ce Break, comparez le avec celui qui suit, presque 30 ans après et notez la similitude : http://youtu.be/apLAY63D-0g?t=1m57s

Donc si on doit trouver un Papa et une Maman à la Timba, ce serait Los Van Van d’une part et Irakere d’autre part (toujours en simplifiant , c’est le but de cet article).

Le processus de gestation se poursuit tout au long des années 80 et en 1989, Jose Luis Cortez, ancien flûtiste de…. Irakere et de Los Van Van…. sort avec son groupe NG la Banda ( NG =nueva generacion) un album qui est considéré comme le 1er album de Timba !
Jose Luis Cortez dira dans un interview : 
« NG la Banda es un grupo que corta la naranja por el medio entre la musica de Van Van y la musica d’Irakere »

Très vite le style s’impose et dans les années 90 on voit l’émergence de nouveaux groupes de Timba comme la Charanga Habanera, Paulito FG, Manolin… puis Bamboleo, Azucar negra, Klimax, Dan Den et pleins d’autres …
La Timba fait la synthèse de toutes les évolutions que j’ai évoqué plus haut et au final y ajoute très vite sa propre identité pour devenir un genre à part entière:

  • Une rythmique forte et complexe (beaucoup de polyrythmie, beaucoup de syncopes), avec une batterie complète pour donner de la puissance et des accents de Rumba et d’Afrocubain

  • Une manière de jouer le piano caractéristique et reconnaissable

  • Une Basse aux accents Groovy et Funky

  • Des cuivres au jeu très « pêchu » et agressif très inspiré par le Funk (Earth,wind and Fire, Kool and the gang …)

  • Des paroles très « populaires » qui reprennent des thèmes de la vie quotidienne Cubaine

  • Un tempo assez rapide

  • Beaucoup de Breaks, de changements de rythme dans la chanson

  • Une tendance à passer assez vite à la partie dynamique de la chanson : le Montuno

Difficile de trouver l’exemple Typique de la Timba , tant chaque groupe apportera son identité et sa couleur musicale, je vous mets une Timba des années 90:
http://www.youtube.com/watch?v=ukWpf_jgqmc
Une Timba de 2013 :http://www.youtube.com/watch?v=PzLe4yeQ-rU avec en évolution , l’incorporation du Reggaeton .
Ou la Timba con melodia y poesia d’Alexander Abreu : https://www.youtube.com/watch?v=JZk_eXnYR_c

Car la Timba est un processus en perpétuelle évolution…

Donc pour conclure et pour simplifier au maximum pour ceux qui ne sont pas encore assez avancés dans leur parcours de Salsero-as:

SALSA = SON + JAZZ ( et influences Nord-Américaines)

TIMBA = SON + RUMBA + FUNK ( et influences AfroCubaines)

En n’oubliant pas que la Timba est un creuset ou s’expriment et se croisent pleins d’influences musicales, comme le chantent Los Van Van dans la chanson: « Esto te pone la Cabeza mala » :

TIMBA CON RUMBA Y ROCK, MAMBO CON CONGA Y POP, SALSA CON MOZAMBIQUE, Y CLAVE DE GUAGUANCO
CUMBIA Y CONGAS CON SWING, SONGO CON SAMBA Y BEAT, MERENGUE CON BOMBA Y SON Y CLAVE DE GUAGUANCO

https://www.youtube.com/watch?v=0TvrHC4qtgA

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout

écrit par Ricco Timbayonne , décembre 2013